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Nikon et Canon à Boston

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12 juillet 2014

Réveil à Cape Cod... et fin du voyage

Les maisons américaines étant souvent fort dépourvues de volets, le réveil fut matinal dans notre Bed and Breakfast. De simples stores opaques empêchaient la lumière d'envahir notre chambre, mais en laissaient toutefois filtrer suffisamment pour nous faire oublier le silence environnant. Moment attendu du Bed and Breakfast... le petit-déjeuner ! A la table dressée depuis la veille sont attablés plusieurs convives. Le maître de maison a été prévenu de notre arrivée et nous accueille en nous saluant par nos prénoms. Notre qualité d'étrangers nous vaut d'être le centre de toutes les attentions. Un couple entame la conversation. Beaucoup de sujets sont abordés, notre voyage bien sûr, mais aussi le nombre de homards que nous avons dégustés ! Puis nous inversons la tendance et orientons l'échange vers les Etats-Unis, la politique avant de nous faire questionner sur les déboires d'un ancien président français. Nos interlocuteurs se demandent si, à notre avis, N. Sarkozy est vraiment coupable de toutes ces turpitudes et si vraiment il peut être condamné. Nous répondons en distinguant soigneusement ce que nous croyons et ce que nous espérons. Là dessus la discussion glisse sur Obama et ils nous disent la déception de ceux qui ont tellement cru en lui et qui ne comprennent pas son irrésolution. L'Obama care, la grande oeuvre, si dramatiquement compromise par les mécomptes informatiques, ne suffit pas pour sauver son bilan. Si chacun n'avait pas prévu des activités, le petit-déjeuner se serait éternisé.

Notre Bed and Breakfast.

Pas question de quitter cet endroit délicieux sans en explorer les recoins. La maison est basse de plafond, les parquets grincent et chaque pan de mur en bois est occupé par une peinture, une photo, une assiette. Dans le salon, sur le dessus de la cheminée de petits ours en peluche habillés de vêtements aux couleurs du drapeau américain surveillent la pièce. Ce salon était à l'origine la cuisine, qui ensuite a été déplacée dans ce qui est aujourd'hui la salle à manger avant d'être définitivement installée à sa place actuelle. Comme beaucoup de maisons à Cape Cod, il y a un bâtiment d'origine auquel ont été ajoutés des annexes. La décoration n'est pas franchement reposante, mais pour des vacances l'endroit a un charme fou. Tout au long des plafonds, courent de petites frises qui ont été peintes par la propriétaire d'origine dans les années 1860, fleurettes et guirlandes.

Une partie du jardin de notre Bed and Breakfast.

Le jardin, lui, est un havre de paix. Pelouse taillée au millimètre, parterres de fleurs bien délimités, treille sous laquelle un banc-balançoire invite à la paresse, de beaux arbres sont éparpillés dans les coins. Dommage que notre avion décolle dans la soirée. Nous saluons nos hôtes qui se confondent en "comme c'est dommage, vous partez déjà" et avons droit à un gigantesque "hug". Comment se manifeste de l'affection (qui n'en n'est pas, pas plus que les centaines de milliers de baisers sur la joue qui s'échangent le matin dans les bureaux de nos entreprises hexagonales, mais en évitant tout contact qui pourrait être interprété comme trop pressant et, qui sait ? donner lieu à une redoutable action en sexualharassment ? Eh bien on y arrive : les bras enveloppent les corps, mais en effleurant à peine, ils tapotent les dos, les joues se rapprochent mais ne se touchent pas pendant que les regards se portent soigneusement en sens inverse pour ne pas risquer de se croiser; cette gymnastique oblige à une étrange torsion des corps, le contraire des fresques érotiques hindouistes. Direction la plage. Impossible de retrouver la première que nous avions exploré hier soir. Et les tous les parkings des autres sont complets. A l'Américaine, un ou une jeune est planté à l'entrée de chaque parking et gère les allées et venues. Pas question de se garer là où il y a de l'espace disponible, seules les places de parking sont autorisées. Alors soit vous attendez votre tour, soit vous faites demi-tour pour tenter votre chance ailleurs.

Boutique de restauration décorée avec des flotteurs.

Alors nous essayons Hyannis, non sans avoir visité le musée du coin. Quelques belles marines, des sculptures intrigantes, de l'art contemporain sous différentes formes, du bon et du moins bon... Nous renonçons au magasin d'antiquités que nous apercevons et essayons de comprendre où se trouve le centre de Hyannis. Nous ne le trouvons pas tout à fait mais un panneau plage nous ramène à nos désirs matinaux. Et il y a de la place sur le parking. Il nous reste quelques heures avant le départ, nous nous posons et plongeons dans une Atlantique vraiment tiède. Une des raisons de la très grande fréquentation de Cape Cod, ce sont justement les courants chauds qui y passent et donnent à la mer cet attrait auquel il est difficile de résister. Moment paisible, soleil agréablement caressant, il va bien falloir se rhabiller et prendre la route.

Maison typique de Cape Cod.

Nous croyons avoir traversé le centre de Hyannis, sommes certains de ne pas avoir vu la maison des Kennedy et ne cherchons pas un magasin Martha's Vineyard. Direction Boston. Nos hôtes du matin nous conseillaient de compter trois heures de trajet en prévision des embouteillages alors qu'il faut normalement une heure et demie. La raison l'emporte et nous quittons Cape Cod sûrement trop tôt. Et la route est effectivement bien dégagée, tellement dégagée que nous faisons le trajet jusqu'à l'aéroport de Boston en... une heure et demie ! Comme souvent le hall de l'aéroport est sinistre, le choix de boutiques hors taxes décevant et celui des restaurants affligeant. Même pas un ultime burger à se mettre sous la dent ! Bye bye America, mais ce n'est qu'un au revoir.

 

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11 juillet 2014

Une journée pauvre en découvertes et la photo la plus chère du voyage

Voyage en partie improvisé, l’avant-dernière journée n’aura pas échappé aux changements. Augusta n’ayant aucun intérêt, notre idée était d’en sortir au plus vite pour rejoindre Boston où nous attendait le Museum of fine arts et d’où nous devons repartir samedi 12 juillet. Mais pas avant d’avoir pris un petit déjeuner dans un Dunkin Donuts, ce moment tant espéré et tant retardé de peur de trop y goûter. Le Dunkin Donuts fait partie des énigmes de notre couple. L'un de nous (lequel ? ah!ah!) a une passion pour ces horribles petites choses poisseuses. Mais, mystère des plaisirs humains, il réfrène la satisfaction de cette passion : c'est l'avant-dernier jour de notre séjour qu'il l'assouvit enfin. Et encore, en se limitant à 2 donuts, ce qui pour un breakfast pris à 11 h du matin touche à l'anorexie. Mais le second du couple, celui qui se contente de demander périodiquement : au fait, le donut, tu le prends quand ? lui tend son strawberry donut et là notre passionné ne résiste pas : le donut, 3e du séjour donc, est aussitôt croqué. Je rappelle qu'en français classique, aussi peu soucieux du politiquement correct que de l'incorrect, le masculin n'est pas nécessairement masculin, il est également neutre.

 Un pont américain comme nous les aimons.

Une fois nos Donuts plein de mauvaises calories avalés, nous décidons donc de prendre une partie d’autoroute avant de basculer sur des routes secondaires pour mieux profiter du paysage. Mais une idée germait au fond de chacun de nous. La mise en commun acheva de nous convaincre. Plutôt que de retourner à Boston, pourquoi ne pas pousser jusqu’à Cape Cod ? Car non mais allô quoi, t’es allé à Boston et t’as pas vu Cape Cod ?

Donc direction Boston puisqu’il faut en passer par là. Nous quittons le Maine pour entrer au Massachussets. La circulation devient plus dense en arrivant à Boston, mais surtout, notre jauge d’essence marque zéro depuis un moment. La panne sèche, nous avons déjà connu au Canada, pas question de recommencer. Alors, contre notre volonté, nous entrons dans Boston pour trouver une station essence. Et là, au royaume de la voiture, la station essence est invisible. Certes, nous admettons qu’à Paris, nous savons où elles se trouvent. Nous prions pour que les derniers litres ne soient pas les dernières gouttes.

Nous arpentons une partie de la ville, ce qui n’a pas que des inconvénients. Une cloche tinte et une barrière se ferme devant nous. C’est un pont levant. Bloqués comme tous les autres automobilistes, il ne nous reste qu’à sortir de la voiture pour prendre une photo avec un meilleur angle de vue. Et de repartir à la chasse d’une station essence. Que nous finissons pas trouver, évidemment ! Bon, d’accord, elle est de l’autre côté de la route. Nous supposons qu’il y en a une de notre côté, mais dans notre situation, mieux vaut être prudent. Alors puisque nous pouvons faire un demi-tour, nous le faisons. Ouf, nous ne tomberons pas en panne sèche.

Publicité sur le bord de l'autoroute.

Il faut maintenant rejoindre l’autoroute 93 que nous avions quittée bien encombrée. La publicité est de nouveau présente et les ponts métalliques font notre bonheur. Plusieurs sont en réparation et entièrement voilés, on dirait du Christo. L'état de la 93 ne s’est pas amélioré pendant notre heure de recherche, trafic jam d'enfer . Qu’importe, c’est la direction que nous devons prendre. C’est le début du week-end, les vacances aussi, rien que de très normal. Sauf que nous n’y avions tout simplement pas pensé, heureux de notre idée soudaine et convaincus d’être seuls à pouvoir profiter du soleil et du temps libre.

Pont géant métallique recouvert de bâches.t

Histoire de bien pimenter la journée, nous prenons une route secondaire à l’entrée de la péninsule de Cape Cod. Mais nous sommes en direction du nord, alors que nous en venons ! Demi-tour pour l’autre sens. Nous roulons alors sur des petites routes sans avoir aucune idée de l’endroit où nous sommes. Et finalement, nous retrouvons la route principale quittée quelques instants avant. Considérant qu’il est peut-être l’heure d’arrêter les divagations, nous restons soigneusement sur la 6 Est jusqu’à ce que nous voyions le panneau Dennis, endroit où nous croyons bon poser notre valise pour notre dernière soirée étatsunienne.

T’as voulu voir Dennis et on a vu Dennis… Mais trouver un hôtel au bord de la mer, mission impossible. De somptueuses maisons partout, mais pas d’hôtels et surtout pas avec vue sur la plage. Nous voyons un panneau indiquant deux Bed and breakfast et un hôtel. Nous ne trouverons jamais l’hôtel et les gens du coin ont été incapables de nous indiquer le chemin. Si encore nous avions eu l’adresse. Pour finir, un Bed and Breakfast nous tend les bras, il y a une chambre disponible, nous la prenons. Maison typiquement chaleureuse (elle porte fièrement sur son pignon "1857") où nous accueille une jeune femme russe qui travaille tous les étés ici. Chaque chambre a un nom féminin. Nous dormirons chez Joséphine. Dessus de lit matelassé, papier peint à petites fleurs délicates, salle de petit déjeuner qui fait saliver avant même de s’y être installé, vaste cuisine et salon aux fauteuils qui affichent leur confort sans les avoir essayés. Nous remplissons les papiers, donnons noms et prénoms, adresse et numéro de carte. Pas de portefeuille dans la poche, il a dû rester dans la voiture, nous avons payé quelques péages.

Maison à Cape Cod.

Une invitation à rouler lentement.

Nous posons nos affaires, demandons conseil pour dîner agréablement et cherchons le portefeuille avant d’allumer le moteur. Pas de portefeuille. Chaque recoin de la voiture est fouillé, mais non, il n’y est pas. Nous repassons les événements de la journée. Il n’a pu disparaître qu’à un seul moment : quand nous avons pris de l’essence. A personnes organisées, réactions appropriées. Disposant du ticket de la station essence, nous avons donc son numéro de téléphone. Sans succès. L’homme qui répond nous assure qu’il n’a pas trouvé de portefeuille. Cessant de nous torturer l’esprit, nous allons dîner. Lobster roll à la carte, nous en rêvions depuis notre passage à Boston dans les 205 boutiques/mangeoires de Quincy Market. Posés au bord de la mer devant un soleil couchant (eh oui, les embouteillages ont duré longtemps et le voyage a été plus long que prévu), nous avalons ce sandwich au homard qui a une immense supériorité sur celui de Boston : il est sans mayonnaise. Un rapide tour sur la plage car elle est envahie de petits moustiques qui virevoltent autour des êtres humains, transformant chacun de nous en moulin à vent. Une bonne glace pour nous consoler de notre journée, mais que nous dégustons dans la voiture face au soleil couchant. C’est tellement romantique ! L'inscription sur l'église avait raison : Noé, t'as tout faux,faut pas sauver les moustiques. Ce sont d'horribles petites bestioles, on croirait d'innocents moucherons mais non. En quelques minutes on se gratte frénétiquement le crane, les mollets, les bras. Bien pire que nos bons et honnêtes moustiquesdont le zonzon nous alerte à temps.

La plage au coucher de soleil à Dennis, Cape Cod.

La lune regarde le soleil se coucher.

Retour à notre Bed and Breakfast et inspection de nouveau de la voiture. Il faut se rendre à l’évidence, le portefeuille n’y est pas. Il faut faire opposition. Et là, un éclair de lucidité. Non, il n’y a pas eu que la station essence où nous sommes descendus de voiture. Ce pont qui s’est levé et qui faisait une très belle photo, là aussi nous avons mis pied à terre. C’est donc là qu’il est tombé. Appel pour faire opposition, des transactions ont déjà été faites avec une des deux cartes. Voici donc la photo la plus chère du voyage, et ce n’est bien sûr pas la plus belle ! Après les tourments du serveur vocal d'American Express qui déroule une foule de renseignements inutiles avant de demander si par hasard nous voulons déclarer une perte de carte, enfin une voix humaine. Il n'y a que la voix qui soit humaine parce que le cerveau est formaté façon serveur : répétition méthodique des questions déjà posées par le serveur, auxquelles il a donc déjà été répondu, réponses qui ont évidemment été enregistrées et sont sous les yeux de la voix humaine (?). Mais la procédure est là et pas question d'en sauter la moindre étape. Et là nous apprenons que plusieurs transactions ont été faites dans la demie-heure qui a suivi la perte du portefeuille : pizza et chaussures de sport.  Le ramasseur de carte a su ne pas perdre de temps mais en fait il a été très raisonnable!

La photo la plus chère du voyage.

10 juillet 2014

De Shelbourne à Augusta !

Aussi curieux que cela puisse paraître, il y a, à Shelbourne, un musée des arts et traditions populaires dont la qualité nous a été vantée à plusieurs reprises. Nous décidons donc de commencer notre journée par, enfin, une visite culturelle.

Grange ronde et entrée du musée.

Intérieur de la grange ronde

Encore une fois, comparé à la taille de la ville, le musée paraît totalement incongru. Plus qu’un musée, c’est un véritable parc. On entre par une grange ronde, traditionnelle dans le Vermont. Ce sont les Shakers, issus des Quakers, qui ont inventé cette architecture afin que le Malin ne puisse se tapir dans les coins ! Dans celle-ci, ce sont de magnifiques carioles qui font les malines !  L’espace, réparti sur trois niveaux, est gigantesque, et les collections présentées superbement conservées. Ce n’est que le début des réjouissances.

Galerie du cirque.

Dans le deuxième bâtiment que nous visitons, c’est toute la magie du cirque qui prend possession de l’endroit. Une galerie de 57 mètres de long expose en miniatures tous ceux qui participaient aux parades de cirque dès les années 1850 : éléphants, girafes, dromadaires, gauchos, cow-boys… Et pour terminer, une immense vitrine présente la représentation d’un cirque en miniature avec 3000 personnages sculptés en bois. L’œuvre de passionnés. L'auteur y a passé des années, avec 5 assistants. Passion, quand tu nous tiens.

Nous allons de bâtiments en bâtiments. Certains sont en bois, d’autres en granit. Tous racontent une histoire. La plus belle demeure est celle de la femme qui est à l’origine du musée. D’inspiration grecque, la bâtisse reproduit 6 pièces de son appartement new-yorkais sur Park Avenue (qui en comptait 22, ici c'est la petite maison de campagne, il ne faut pas passer son temps à faire le ménage). Du grandiose. Sur les murs quelques Corot (qui, on le sait, a peint 8.000 toiles dont 13.000 se trouvent aux Etats-Unis), Manet, Daubigny, Goya et deux Rembrandt.

Caisse du magasin général.

Le magasin du village a aussi été préservé et amené au musée. A l’intérieur, des produits d’une autre époque, quand les étiquettes ne brillaient pas de toutes les nuances de rouges. Le magasin faisait aussi office de poste. Attenante, la boutique de l’apothicaire est un régal pour les yeux. Des milliers de bocaux se côtoient dans des vitrines. En revanche, la reproduction du cabinet des médecins à l’étage n’invite pas à la photo ! Et certainement pas les ustensiles qui servaient aux amputations dans les années 1850.

Animaux empaillés dans une maison typique des Adirondacks.

Un bâtiment en forme de fer à cheval renferme d’autres carioles et luges, elles aussi en très bon état. La meeting house ressemble à une église mais n’est qu’un lieu de rassemblement. Les cabanes typiques des Adirondacks réservent une belle surprise : ours empaillés et têtes d’élans ! Un autre intérieur, moins sompteux que celui de Mme Webb, est à visiter. Lits collés contre le toit en pente, cuisine sommaire, de quoi vivre et rien d’autre. Mais en fait c'est celle d'un artisan à l'esprit entrepreneurial qui a complété son activité en faisant sa petite brasserie, en tenant un restaurant et en recevant en pension les ouvriers des chantiers du coin. Chambres pour contremaitres aisés, dortoir sous les combles, sans doute glacé en hiver, surchauffé en été pour les ouvriers.

Le Ticonderonga, posé au milieu de la pelouse.

Le plus spectaculaire est sans aucun doute le Ticonderonga, bateau à vapeur qui assurait les traversées sur le lac Champlain. Une merveille ! Transport de marchandises et de passagers, tout est reproduit pour qu’on s’imagine embarquer. Visite des salles des machines, argenterie disposée sur les tables de la salle à manger, fauteuils recouverts de velours dans le grand hall et le grand privilège de pénétrer dans ce qui servait de chambre à une hôtesse. En toute logique, un phare se trouve à côté, lequel a été aménagé plus pour une récréation. Tous les modèles de prises inventés pour nos smartphones sont à  disposition. Le temps de la recharge, des canapés vous permettent de souffler.

Wagon aménagé pour voyager au long cours.

Car l’endroit est vaste. Le ticket est d’ailleurs valable deux jours. Nous n’aurons pas le temps de tout voir car il faut que nous reprenions la route. Ah, mais vers où, maintenant ? Laissons un peu parler Jacques Brel : t’as voulu voir Boston et on a vu Boston, t’as voulu voir l’Acadia National Park et on a vu l’Acadia National Park, t’as voulu voir Montpelier et on a vu Montpelier, t’as voulu voir Burlington et on a revu Augusta.

Augusta, ça vous dit quelque chose ? Mais si l’étape en sortant de l’Acadia National Park, là où nous avons cru ne pas trouver de motel. Ce n’était qu’une étape, rien de bien intéressant. Alors pourquoi y revenir ? Eh bien parce que nous y avons laissé un blouson. Alors un blouson, nous aurions pu le laisser vivre sa vie américaine. Oui, mais dans le dit-blouson, il y avait un passeport ! Plus ennuyeux, n’est-ce pas ? D’où la nécessité de récupérer le sésame qui nous permettra de sortir des USA et surtout de rentrer en France.

Campagne du Vermont.

Alors quitte à resser par le même endroit, autant changer de route ! En dehors de deux lieux inévitables et déjà parcourus, nous avons donc pris le versant nord de la White Mountain National Forest. Forêts à perte de vue, quelques panneaux publicitaires réapparaissent quand nous entrons dans le New Hampshire et bien que les panneaux nous promettent régulièrement de voir un élan traverser la route, nous n’en verrons aucun. Ce n’est pas faute de les avoir appelés ! Pour toute vie suauvage, nous apercevrons un daim mort sur le bord de l'autoroute. Nous avons donc aussi peu de chance qu’avec l’orignal au Canada. En revanche, à chaque ville ou bourgade que nous traversons, nous voyons un cabinet de chiropracticien, une liseuse de cartes et un hôpital pour animaux domestiques.

Les routes tournent un peu plus que dans l'ouest.

Retour non pas au motel que nous avions élu à l’aller, mais à celui d’à côté (il faut bien mettre des variations là où il y a de la répétition). Et direction le restaurant où nous avions oublié ce blouson qui restera célèbre à tout jamais ! Nous le récupérons et le passeport avec. Notre serveuse est démesurément aimable. Ses débordements d’amabilité consistant à nous pousser à la consommation. Elle veut remplir un verre de Coca à moitié plein et insiste à plusieurs reprises pour un second mojito. Nous ne nous laissons pas faire ! Mais tout ça est fait avec un tel sourire que ce n'est pas importun. Et quand nous partons, tout ce petit monde se félicite et nous félicite de nos retrouvailles avec le blouson et son passeport.

9 juillet 2014

De Shelbourne à Shelbourne

Les aventures en voyage nous réservant quelques surprises que nous vous dévoilerons plus tard, nous décidons de rester dormir à Shelbourne et d’explorer les environs. L’idée étant de marcher à l’air pur, ce que nous n’avons pas vraiment fait ces derniers jours. Le prix de notre chambre inclut un petit déjeuner au Family restaurant d’à côté. Une dame, petite et vive, vraisemblablement d’origine thaïlandaise, nous invite à nous asseoir à notre convenance. En dehors de cette amabilité, elle n’aura pas vraiment d’autre gentillesse.

Le petit déjeuner continental est une anomalie désarmante. Pire qu’une portion au Laos ou au Vietnam. Un english muffin qui n’a rien d’anglais et surtout nous attendons la suite ! Mais le service s’arrête là. Nous comprenons mieux pourquoi la dame nous avait proposé le menu et est repartie si dépitée quand nous avons décidé de ne rien commander. Elle retrouve le sourire quand nous demandons une gaufre avec de la crème et des fraises.

Ferme opulente.

Non loin de notre motel, il y a deux pont couverts, ceux que nous avions tous découverts dans le superbe film de Clint Eastwood, « Sur la route de Madison ». Nous empruntons les très petites routes pour les découvrir. Equipés d’une carte normalement détaillée, nous réussissons à nous perdre, enfin à ne pas trouver notre chemin. Il faut dire qu’il manque des routes sur la carte… Garés à un croisement, nous sommes interpellés par une femme qui passe en voiture à côté de nous et nous demande… si nous sommes perdus. Nous avouons et très gentiment, elle se transforme en GPS provisoire.

Pont couvert Quinlan.

Grâce à ses explications, nous trouvons le premier pont. Belle structure en bois datant de 1860, le Quinlan Bridge a récemment été renforcé par des structures métalliques en-dessous pour mieux supporter le poids du bus scolaire. Trouver le second se révèle plus difficile, mais à force de ténacité, nous le dénichons. Un moment un peu irréel : le pont couvert est traversé par une Jaguar type E rutilante. Au passage, nous avons croisé de belles maisons perdues dans la nature, mais pas si perdues car chacune dispose de sa boîte aux lettres au bout du chemin, ce qui signifie que le facteur fait une très grande tournée ! Ce second pont est plus petit, mais très fréquenté !

Et les vraies vaches sont dans le pré !

L’idée est de regagner une route clairement dessinée sur la carte. Ce qui s’avère plus difficile que nous le pensons. Nous choisissons alors de nous égarer gentiment sur les petites routes non asphaltées, nous finirons bien par rejoindre la civilisation. Cet égarement nous vaut de belles découvertes : une superbe ferme sûrement très prospère, de belles maisons nichées au cœur de la nature. Ici, au moins, les vaches paissent dans les prés. Nous sommes loins des images de ces gigantesques troupeaux piétinant la poussière sur des kilomètres en Californie. Un arrêt photo nous vaut d’être salués par une dame qui nous demande si nous cherchons une maison ! Il faut dire qu’il y en a régulièrement à vendre. Mais cette question fait aussi sans doute partie de cette mécanique de surveillance par les voisins que nous avons déjà vue à l'oeuvre dans tant d'autres endroits aux Etats-Unis. Quand nous lui répondons que nous prenons des photos et qu'elle voit la taille du Nikon, elle nous sourit, rassurée.

Une maison en pierre, la majorité sont en bois.

Après avoir erré agréablement, retour vers la fréquentation automobile. Notre objectif est toujours de trouver un sentier pour aller marcher. Un potier attire notre attention. Hésitation, pas trop, allez, nous nous arrêtons. Un chien aboie et vient à notre rencontre comme s’il attendait notre visite suivi d’un homme d’une cinquantaine d’années. Il nous emmène vers son lieu d’exposition. Alors que nous lui demandons si ce n’est pas trop difficile de vivre dans cet isolement, il nous répond qu’il a des clients un peu partout dans le monde et que surtout Internet a transformé sa vie. A force de recevoir trop de commandes, il a fini par ne plus faire de publicité sur Internet car il avait trop de travail !

Cet homme est très ouvert, nous explique toutes les techniques qu’il utilise et comme il adore expérimenter, il est devenu maître dans beaucoup de domaines. Il a commencé son métier en créant des aquariums et des fontaines. Puis il est revenu à des objets plus usuels, mais avec une touche très créative. Il nous montre ses différents fours avant de nous laisser admirer ses créations. Sa femme apparaît ensuite, tout aussi agréable, et elle aussi artiste dans son genre puisqu’elle tisse. Voyant que nous sommes Français, elle nous parle de sa cousine partie il y a une trentaine d’années à Paris. La discussion est fluide, elle cherche des modèles de plats pour nous. Nous finissons par craquer pour un pot au design très inhabituel. Pendant tout ce temps, il s’est mis à pleuvoir mais quand nous sortons la pluie s’est arrêtée. Avant de quitter ce couple charmant, nous passons par l’atelier de la femme où nous découvrons des écharpes magnifiques. Elle fait tout à la main. La laine vient en partie des moutons qui paissent devant la maison, et elle tisse sur un métier manuel. Second cracking ! L’homme qui nous a rejoint nous dit finalement que c’est avec des gens comme nous qu’il gagne sa vie, isolement ou pas ! Fou rire général. Dans leur atelier, une série de photos : les évolutions de leur maison depuis leur achat 40 ans auparavant. Impressionnant. A l'origine c'était une ferme pour vaches laitières. Le potier et sa femme ont, au fil des ans, tout transformé, rajouté une aile, rajouté une tour, construit les abris des fours. Ils ne sont pas seulement potier et tisserand mais aussi charpentiers, électriciens, plombiers, chauffagistes, etc. L'air heureux de pouvoir bavarder en sentant qu'ils nous intéressent vraiment.

Bon, mais nous étions partis pour marcher ! Et là, le couple nous a parlé d’un restaurant à une dizaine de kilomètres et d’un orchestre qui joue précisément ce soir au kiosque central. Nous disposons d’un peu de temps pour trouver  Bristol, mais décidément, les éléments sont contre nous pour trouver un sentier. Nous faisons une halte à un endroit marqué « Eagle Park ». Rien qu’un bout de chemin qui mène à une rivière et une plate-forme. Il y a des jours où il vaut mieux prendre les choses comme elles viennent.

Rue principale de Bristol.

Nous terminons donc notre journée au Bobcat où une serveuse parlant français (sa maman est française. Comment une Française a-t-elle aboutie à Bristol, Vermont ? mystère des migrations amoureuses)nous accueille. Les portions sont gargantuesques, une entrée suffira. Nous terminons tout de même par une glace achetée à une cabane, là aussi recommandée par le potier. Et nous nous installons sur un banc face au kiosque.

Membre de l'orchestre de Bristol.

A l’entrée de ce bout de jardin, une plaque rend hommage aux soldats morts entre 1917 et 1919 : une centaine pour cette petite ville. Les gens du cru sont installés dans leurs chaises pliantes, certaines femmes tricotent. Le concert a commencé. L’orchestre de Bristol joue depuis 1870. En été, tous les mercredis soirs, il offre ses mélodies à qui veut bien les écouter.  Musiques populaires et créations ravissent les spectateurs.

Eglise de Bristol.

Nous avons une vingtaine de miles à rouler pour rejoindre notre motel. Une journée comme nous ne l’avions pas imaginée. On est en Amérique, mon gars !

8 juillet 2014

De Woodsville à Shelbourne

Après une nuit dans un motel typiquement américain, construction basse toute en longueur composée de chambres devant lesquelles se garent les voitures, nous commençons notre journée par un petit-déjeuner très très américain. Le café est de taille XXL et les pancakes sont les meilleurs que nous ayons mangés depuis le début de notre séjour. Serveuse et serveur donnent l’impression de se plier en quatre pour répondre à nos besoins et de surcroît, une femme attablée avec ses deux enfants nous interpelle quand nous sortons pour nous demander une traduction française. Elle veut savoir, pour sa fille qui est sur le point de partir pour un voyage en Europe, dont la France, comment on dit « «où sont les toilettes ». Nous faisons répéter à la jeune fille pour être certains qu’elle a bien assimilé !

Caddies et fauteuils pour handicapés à l'entrée de Walmart.

Le Walmart en face du restaurant nous fait de l’œil. Allez, c’est autre chose qu’un supermarché « normal ».  Une visite s’impose. De l’extérieur, le bâtiment est immense, de l’intérieur on croit ne jamais pouvoir arpenter chaque allée. Tout y est. De quoi meubler la maison, ce qu’il faut pour bricoler au jardin ou pour refaire les peintures, agrémenter sa pelouse avec piscine et barbecue à cheminée. Changer les pneus de la voiture, ici c’est possible. Le rayon vélos est mieux fourni que certains magasins de cycles parisiens et mieux vaut ne pas entraîner ses enfants du côté des jouets, ils penseraient que c’est Noël tous les jours ! Besoin d’un pantalon, d’un maillot de bains ? Toutes les tailles sont à disposition. Bien sûr, pas besoin d’aller à la pharmacie du coin, elle est intégrée. Quitte à ne pas perdre de temps, mieux vaut garder son vélo avec soi et mettre un caddie sur son porte-bagages, les allées sont assez larges pour y manœuvrer aisément. Côté électronique, les derniers téléviseurs grands écrans occupent un large espace, comme les jeux de Playstation et autres marques. Et les prix !!! Quand on a en tête les Monoprix et Casino parisiens… Où la politique de l’offre pourrait rejoindre la politique de la demande.

Mais une fois que l’on a toute l’intendance, y trouve-t-on à manger ? Bien sûr ! En revanche, peu de personnel visible, mais il est disponible quand on a besoin de trouver un article dans ce dédale digne des puces de Clignancourt. Mais surtout, il y a un rayon armes. Fusils mitrailleurs à un peu plus de 1000 euros et d’autres avoisinant les 800 euros. Non, ces articles ne sont pas en libre-service, il faut demander un vendeur. Et il est bien précisé que chaque propriétaire d’une arme doit s’enquérir des instructions importantes auprès d’une personne certifiée et qu’il faut conserver ces armes en sécurité pour qu’il n’en soit pas fait un usage non autorisé. Il est aussi précisé que tous les articles qui ne sont pas en vitrine sont disponibles sur le site Internet Walmart. Sans commentaire. Avec ou sans arme, vous pouvez ressortir de Walmart fort bien équipé pour le camping ou le pique-nique. La taille des glacières, à roulettes ou pas, provoque quelques questionnements sur la taille de la voiture qui doit l’accueillir. Côté pratique, des fauteuils électriques équipés d’un caddie sont à la disposition de la clientèle qui en aurait besoin et chaque caisse dispose d’un système ingénieux de distribution de sacs. La visite est terminée, nous pouvons reprendre la route.

En route vers le Vermont.

L’objectif est toujours Montpelier, capitale du Vermont. Le GPS manuel nous fait quelque peu défaut et nous nous retrouvons sur des routes que nous n’avons pas voulu connaître. Qu’importe, il y a toujours moyen de se rattraper et aux Etats-Unis, le voyage est aussi sur la route. Et hop, un magasin de voitures. Arrêt. Aussitôt, un vendeur vient vers nous. Le prix de la meilleure Chevrolet actuellement sur le marché : 56000 dollars. Arrêt aussi chez un vendeur de maisons bon marché livrées en un seul morceau. Nous n'allons pas jusqu'à visiter une de ces maisons. Nous aurions dû.

Maisons prêtes à emménager à vendre.

Depuis que nous avons quitté le New Hampshire, où la devise "Live free or die" (vivre libre ou mourir) fait froid dans le dos, et que nous sommes entrés dans le Vermont, la nature du paysage a changé, des fermes apparaissent alors que précédemment nous n’en avions vu aucune. Question de géographie.C'est étrange : il faut que nous voyions des champs cultivés pour nous rendre compte que nous avons fait des centaines de kms sans en voir un seul. Entre forêts, lacs, marais, prairies humides, il n'y a pas de place pour un paysan. Pardon : un agriculteur. Ca fait fongtemps que le mot paysan a disparu de l'américain vernaculaire. Le paysage a tout de suite l'air humanisé. Mais bon, ça ne ressemble pas encore à l'opulence du Lot et Garonne. La vue de silos nous rappelle notre virée en Pennsylvanie où les fermes amish resplendissaient de propreté. Aucune publicité ne gâche notre découverte, et pour cause, elle est interdite sur le bord des routes dans le Vermont. Là aussi, la forêt prédomine.

State house de Montpelier

Montpelier n’est plus très loin. Nous manquons passer à côté, rien n’indiquant vraiment l’entrée. Sans beaucoup d’effort nous trouvons la State House, siège du gouvernement de l’Etat. Ce très beau bâtiment se visite grâce à des amis et volontaires. Le monsieur à la belle barbe grise qui nous raconte l’histoire de ce lieu est très plaisant. Il nous emmène vers la salle des sénateurs puis celle des députés. Les deux sont somptueuses avec leur moquette épaisse, leurs tentures rouges et leurs bureaux alignés en arrondi. Nous avons droit au bureau du gouverneur… mais interdit de s’asseoir dans son fauteuil ! Une bizarrerie du Vermont : il y a un gouverneur et un lieutenant-gouverneur qui lui succède en cas de décès. Mais ils ne sont pas élus sur un ticket mais indépendamment. En ce moment le gouverneur est démocrate et le lieutenant-gouverneur républicain. Ça doit faire des débats amusants.

 Salle des députés de la State house.

Nous ratons la visite du musée régional juste à côté. Il ferme à 16 heures ! A défaut, nous arpentons la rue principale (State Street) et atteignons rapidement la seconde et dernière rue principale ! Les magasins ferment en moyenne à 17h30. On voit que le Vermont garde quelque chose d’irrédentiste ! Nous avons le temps d’entrer dans la librairie qui fête ses 40 ans (évidemment elle a édité un tee-shirt pour fêter ça : 5$, comment résister ?)et où nous trouvons de la lecture pour les mois d’hiver. Plusieurs magasins de vêtements pour femmes : on dirait les vitrines des Nouvelles Galeries à Cherbourg en 1950 (enfin, manière de parler, ni l'un ni l'autre n'était cherbourgeois en ce temps reculé).

State street à Montpelier.

La ville nous paraît un peu étroite pour y passer une seconde journée. Nous décidons donc de pousser jusqu’à Burlington, LA ville importante du Vermont. Posée au bord du lac Champlain, sa grandeur nous fait soudain peur. Nous nous rabattons sur Shelbourne, quelques kilomètres plus au sud, bourgade toute en longueur où un motel plus que convenable nous attend. Et la journée se termine par un bain dans la piscine. Le choix gastronomique est faible. Pas d’aventure ce soir, nous entrons dans le restaurant le plus proche. Enfin, restaurant, pas vraiment. Comme chez McDo, il faut faire la queue pour commander et s’asseoir ou emporter. Les clients du Archie’s Grill sont pour la plupart des familles monoparentales et pour le reste, des familles qui viennent s’offrir une glace en vue de clore la journée. Notre repas le plus économique depuis une dizaine de jours. 

Déluge quand nous sortons, orage aux craquements impressionnants et éclairs qui ramènent le jour.

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7 juillet 2014

Objectif Montpelier

Nous avons voulu voir Montpelier... et nous sommes passés à Naples sans atteindre Montpelier. Mais au cours de notre route, nous aurions pu passer par le sud de Paris (South Paris), faire une halte à Lisbon, explorer Denmark. Nous avons délibérément évité Hebron et ignoré Dresden et l'ouest de Paris (West Paris) nous a semblé trop lointain. Vous l'aurez compris, tous ces noms de villes sont apparus sur des panneaux le long de notre route aujourd'hui. Quant à Montpelier, c'était bien notre objectif, mais suite à un démarrage lent, puis une progression ralentie par des arrêts, nous avons posé nos valises à Woodsville.

Des arrêts ? Mais pour quoi faire ? Et encore, nous n'avons pas admiré les dizaines de magasins de voitures d'occasion, encore moins ceux de quads. Mais quand une maison très très originale s'est fait remarquer sur le bord de la route, difficile de ne pas résister. Quel est donc cet ovni.

Maison musée ?

Certainement pas un musée, mais bien un habitat privé. Quelle mouche a piqué son propriétaire pour ainsi attirer l'attention ? Des panneaux cloutés sur la façade, des pots de fleurs posés sur le bord du toit,un homard gonflable totalement dégonflé pendant à une branche, des peintures sur les fenêtres, une chaise pliante sur le toit d'une voiture... et surtout un panneau "No trespassing". Impossible d'en savoir plus. L'endroit est d'ailleurs quelque peu inquiétant. Le propriétaire ne serait-il pas derrière ses fenêtres, fusil à la main, prêt à nous tirer comme des lapins ? Le mystère restera entier.

Tombe de vétéran.

Sur notre route calme de l'Etat du Maine, les cimetières sont aussi légion. Une halte s'impose. Parfois un drapeau américain orne la tombe. C'est celle d'un vétéran. Pour les autres, beaucoup de noms à consonnance irlandaise et à plusieurs reprises, deux noms figurent sur la tombe, mais l'un des des deux est toujours en vie. L'ensemble est parfaitement entretenu, la pelouse est superbement verte et tondue de près. Il faut dire que la liste des interdits figurant à l'entrée ne laisse pas beaucoup d'occasions de détériorer le site : la vitesse est limitée à 10 miles à l'heure (?), les enfants doivent être accompagnés par un adulte, planter d'autres plantes que des annuelles doit être soumis à l'approbation et toutes les fleurs artificielles doivent être enlevées avant le 1er octobre ! Bien sûr, il est formellement interdit d'introduire de l'alcool dans le cimetière... Ces cimetières apparaissent dans des endroits tout à fait improbables, au bord d'une route au milieu de nulle part, au milieu d'un village : une petite clôture, une petite obélisque, des pierres tombales verticales toutes simples. Certains sont minuscules, on dirait un cimetière familial.

Basilique de Lewiston.

La prochaine étape sera tout aussi spirituelle. Après être passé devant une église qui nous incitait à inviter le Christ pendant nos vacances (quelqu'un a son numéro de portable ?), nous faisons une halte à Lewiston où la basilique Saint Pierre et Saint Paul est présentée comme un lieu historique. Des messes y sont dites en anglais, en français, en espagnol et en latin ! Dommage que sa nef principale ne soit pas ouverte. Seule la partie basse est accessible. Des cloisons séparent la partie centrale des travées latérales, la climatisation passe par d'énormes tuyaux et une petite citerne d'eau bénite est bien en évidence dans un coin.

Nous trouvons un escalier, l'empruntons en prenant garde de bloquer la porte que nous ne pourrions pas ouvrir dans l'autre sens. Peine perdue, la partie haute est fermée. Nous prenons l'ascenseur pour revenir au niveau de la rue ! Une fois sortis, la basilique est toujours fermée mais elle se met à chanter. De la musique sort de ses entrailles, donnant à son corps de pierre une âme bienveillante. En passant devant une autre église, nous apercevons une indication très particulière : dommage que Noé n'ait pas exterminé les moustiques ! Entièrement d'accord !

Montpelier est encore loin, il faut tracer la route. Gloups, voici un endroit totalement inédit. Alors que nous avons vu beaucoup de lieux de stockage (sortes de garde-meubles), celui-ci est du jamais-vu. Imaginez un grand hangar. Jusque là rien d'extraordinaire. Sauf que ce hangar est ouvert  à tous les vents et qu'il dispose de deux étages. Et qu'y a-t-il sur ces étages ? Des bateaux ! Oui, oui, un peu comme à New York où l'espace est si rare que les voitures sont parfois entreposées les unes au-dessus des autres.

Bateaux prêts à être débarqués.

Mais le plus incroyable est le déchargement auquel nous allons assister. Deux bateaux sont entreposés l'un sur l'autre sur la remorque d'un camion. Un chariot élévateur s'en approche, glisse ses deux griffes au-dessus du bateau, deux hommes passent des sangles et le chariot élévateur peut élever le bateau pour le poser par terre. Après quelques manoeuvres, il passe ses griffes sous la coque et va le déposer un peu plus loin. Nous regrettons évidemment qu'il n'y ait pas à sortir un bateau du deuxième étage du hangar, mais ce système nous fait forte impression.

Rangement d'un bateau.

Il y a là une marina que nous explorons. Beaucoup de bateaux sont en réalité des sortes de barges très chics posées sur des boudins en aluminium. Ces embarcations sont visiblement à louer, mais il y a aussi des jet-skis. L'envie nous prend d'essayer. Nous étions prêts à franchir le pas, mais pas de jet-skis disponibles ! On nous précise qu'il y a d'autres lieux de locations sur le lac. Nous reprenons la route et atterrissons à Naples !

Oui, il est possible de louer un jet-ski, comme un kayack, un paddle, un bateau-barge... C'est parti pour une heure de jet-ski ! Une première pour Nikon et Canon qui n'ont compris que la moitié des explications très sérieusement données ! Joie de la diversité des accents américains ! Manoeuvres un peu difficiles pour sortir mais une fois lancé, l'engin donne les sensations attendues. Nous filons droit devant nous admirons les maisons posées sur le bord de l'eau, accélérons jusqu'au moment où nous souhaitons changé de conducteur. Opération plus facile qu'il ne semble. Chacun son tour de provoquer des émotions à l'autre car à l'arrière, il semblerait plus facile de tomber que quand on tient le guidon. Une pointe à 42 miles à l'heure est atteinte, le jet-ski tourne sur lui-même avec une facilité déconcertante et les petits virages à petite allure achèvent de nous convaincre que cette parenthèse inattendue était un délice.

Bon, mais Montpelier dans tout ça ? Ouhh la la, nous n'avons pas fait la moitié du chemin et il est 16 heures ! Nous n'y serons pas, c'est évident. Mais comme cette seconde semaine n'est pas vraiment programmée, tout changement est non seulement autorisé mais vivement conseillé ! Après quelques agapes (la vitesse, ça donne faim), il est temps de refaire chauffer le moteur d'autant que le temps s'est couvert et que nous venons de sentir des gouttes de pluie. Un hydravion vient de décoller avec des passagers. Le temps de terminer notre déjeuner, de nous changer.

White Mountain National Forest.

Histoire de gagner un peu de kilomètres, nous prenons la ligne droite plutôt que de continuer sur la 302 qui nous fait aller vers le nord pour redescendre. Plus petite route, donc, mais quel paysage ! Nous traversons la White Moutain National Forest. Paradis des randonneurs en été et des skieurs en hiver, nous grimpons tranquillement jusqu'à 1000 mètres où le point de vue méritait de rouler plus lentement. Montagnes arrondies, verdoyantes de haut en bas, rivière trouvant son chemin au milieu des rochers luisant sous le soleil couchant à droite de la route, nous continuons ainsi jusqu'à sortir de cette merveilleuse forêt.

Arrêt à Woodsville où nous trouvons un motel bien américain. La femme à l'accueil a tout l'air de sortir de la forêt, sorte de gnome au regard à demi-fermé, et elle a dû trouver son son mari dans une grotte car il évite soigneusement de croiser le regard des clients. C'est plus confortable ! Formalités d'usage et nous récupérons notre chambre après avoir garé notre Dodge Journey devant. Le choix d'un restaurant n'est pas très difficile, la ville n'est pas une mégapole. Mais elle dispose de son gigantesque Wal-Mart qui donne envie d'explorer ses rayons. Demain peut-être... Enfin, il faudrait penser à atteindre Montpelier !

6 juillet 2014

Bye bye Acadia national park

Le 6 juillet restera la journée des bains. Ben quoi ? Allez un bain à la piscine de l'hôtel pour bin commencer la journée ! Jour de check out, il faut faire les valises.

Vue sur la French Bay.

Nous payons et partons à Bar Harbor pour notre petit déjeuner. Alors qu'il y avait hier matin des listes d'attente partout, ce matin c'est plus fluide. Une plongée dans les poches et mini-drame : les clés de notre chambre s'entrechoquent. Il faut dire que s'ils nous les donnaient avec un bin beau gros porte-clés, elles ne resteraient pas au chaud ainsi. Il va falloir repasser à l'hôtel. Mieux vaut s'en rendre compte maintenant plutôt qu'après avoir fait une centaine de kilomètres.

Après Northeast Harbor hier, rendez-vous à Southeast Harbor. Mais avant, l'Echo Lake nous appelle. Une petite plage, des baigneurs. Nous nous disons qu'une baignade serait revigorante. Si l'eau est un brin fraîche sous nos doigts, la vue d'une maman immergée jusqu'à la poitrine avec sa petite fille de deux ans nous convaint qu'elle ne doit pas être très froide. Les maillots de bain sont à portée de main. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Gloups ! Les pieds et les mollets doivent être plus sensibles que les doigts. Se baigner nous paraît le temps de quelques secondes une idée totalement saugrenue. Mais que diable, non, elle n'est pas froide ! Il suffit d'avancer sans réfléchir et tout à coup nous avons de l'eau jusqu'aux épaules.

Lac de baignade.

Ah, qu'est-ce qu'on est bien ! Il aurait été dommage de passer à côté d'un tel bonheur. Falaise à gauche, verdure sur 180 degrés, quelques kayaks au loin (enfin nous les voyons sur l'eau et pas soigneusement attachés sur le toit des voitures) et le spectacle des Américains au repos. Tout le monde a sa chaise, pliante pour les plus grands, mini pour les petits et de préférence rose pour les filles. Une bande de jeunes fait cracher raisonnablement son transistor, les grands-mères distillent des conseils à leurs filles encombrées de leur marmaille, les sauveteurs sont perchés en haut de leur escalier, scrutant le lac, prêts à réprimander celui ou celle qui s'aventurera près des rochers où un panneau demande poliment de se tenir éloigné. Un délice. 

Nous reprenons la route vers Southeast Harbor. Rien à voir avec sa jumelle du nord. Maisons ordinaires et beaucoup moins grandes sauf une de temps à autre. Mais le village dispose aussi de ses magasins et de son église sachant que parfois, ce sont plusieurs églises. L'étape suivante sera le seul phare du coin. Bass Harbor Head Light house est une propriété de l'Etat. Construit vers 1850, il est toujours en activité et le public est prié de ne pas stationner après le coucher du soleil. So what ?

Le phare de Bar Harbor.

Un arrêt à Bass Harbor nous donne une idée de ce que peut être la pêche au homard dans le Maine. Des centaines de casiers vides attendent de prendre la mer. D'ailleurs, là où un dauphin nous a fait signe hier, les flotteurs signalant la présence de casiers pouvaient se confondre avec des animaux marins tellement ils sont nombreux. Ici, un restaurant et un snack où les sandwichs au crabe et au homard sont en vedette.

Casier à homards.

La route 102 n'est pas terminée. Plus loin, alors que nous traversons toujours des forêts de résineux mêlés à des feuillus, Seal Cove. Peut-on l'appeler village ? Plutôt lieu-dit. Un panneau indique une poterie (panneau minuscule, mais quand il s'agit de détecter l'indication "poterie" le conducteur et le passager ont des yeux d'aigle). Bifurcation immédiate, angoisse de ne pas trouver de nouvelle indication. Et si, le potier est tapi dans un creux de la forêt. Un couple d'environ 70 ans nous accueille. L'homme représente la 5ème génération à habiter dans un rayon de 5 kms autour de ce bâtiment. Qui dit que tous les Américains vivent d'incessantes transhumances d'un bout à l'autredu continent ? Leur antre révèle quelques trésors ainsi que de belles peintures. Faut-il avoir besoin d'autant de vide pour créer ? Nous repartons pas exactement les mains vides, mais pas non plus les mains pleines !

Maison de bord de mer.

A quelques kilomètres de là, une percée dans la forêt permet d'approcher l'océan. Quatre emplacements pour les voitures, et une pour les handicapés. Au bout du chemin, un espace pour pique-niquer et un escalier pour descendre jusqu'à la mer. Nous croisons un couple qui s'en va et un autre qui remonte de la mer. Le bruit du vent dans les arbres et celui de la mer nous paraissent tellement exquis que nous les enregistrons pour nous les repasser le soir avant de nous endormir quand nous redeviendrons parisiens. Le magnifique abri en troncs d'arbre blanchis par les ans posé au-dessus du rivage est couvert de graffitis dans le registre "Tom et Titine". Nous nous demandons si nous allons rajouter "Wenzy and Flossie, for the life". Non, nous ne sommes des sauvages graffiteurs. Nous ne cédons pas à la tentation.

La route qui suit s'appelle Indian Point Road, mais d'Indiens point. Tout comme les aigles et tous nos autres amis les animaux qui se seront bien cachés lors de notre séjour. Nous quittons la presqu'île et retrouvons assez vite les traces de la civilisation. Supermarchés aux enseignes rouges, stations essences vantant le prix du gallon et publicité pour Dunkin's Donuts dont nous avions oublié l'existence alors que cela fait une semaine que nous arpentons le sol américain et qu'un voyage aux Etats-Unis ne saurait être complet sans avaler quelques donuts ! L'objectif ce soir est d'atteindre Augusta où nous avons bien cru ne pas trouver de motel. Mais quand nous désespérions, le mirage s'est dissipé et un Inn est apparu pour de vrai. Et c'est là qu'intervient le troisième bain à la piscine de l'hôtel !

5 juillet 2014

Acadia national park troisième

Ce matin, la jolie lumière dorée qui pénétrait jusqu’à présent dans notre chambre est absente. Et pour cause, il pleut ! La vue sur la baie est totalement bouchée. Autre désagrément : il n'y a pas d'électricité. Ne voyant pas le plaisir qu’il pourrait y avoir à marcher sur les sentiers ni même à circuler en voiture, nous allons prendre un petit déjeuner en ville où nous constatons que certains magasins sont éclairés et d'autres pas. La tempête qui a sévi dans la nuit a fait des dégâts. Nous rentrons à notre hôtel en espérant que le temps se lève. Et vers midi, au revoir la pluie. Le temps d'avaler notre pique-nique dans notre chambre et nous repartons vers l'Acadia national park.

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Même si le ciel reste gris un sentier serait bienvenu. Nous retournons vers Sand Beach où il est possible d'emprunter un chemin et d'atterrir à un parking situé environ deux kilomètres plus loin. Nikon prend donc ses petites jambes et Canon va remplir un récipient de sable puisque la coutume a besoin d'être maintenue : il faut rapporter du sable de chaque endroit où nous passons... enfin, quand il y en a. Stupeur, sur la plage, pas un seul Wasp. Que des Indiens et des Chinois. Le péril jaune est là et bien là. Canon remonte dans sa voiture pendant que Nikon cherche le chemin... et ne le trouve pas.

Qu'à cela ne tienne ! Un sentier longe la mer, et aussi la route. Mais au moins, il permet d'explorer de temps à autre les roches de granit rose qui ont tout de même un TGV de retard par rapport à ceux de Perros-Guirec : aucun n'a de forme extravagante mettant à contribution notre imagination pour y voir là un éléphant, ici une tortue ou là encore le chapau de Napoléon.

Alors que la mer invite à la contemplation, un mouvement des vagues laisse penser que de la vie animale se manifeste. Chacun est occupé à se prendre en photo devant ce paysage apaisant, mais en y regardant bien, non ce n'est pas un flotteur de casier à homards qui bouge. Le temps de mettre le téléobjectif sur l'appareil, de retrouver la masse mouvante, de pointer l'appareil photo dans sa direction, et oui ! Un dauphin ! Clic, clac, Nikon shoote... pile sur la nageoire dorsale. Bon, c'est juste pour la preuve car la photo n'a aucun intérêt. Et pendant ce temps, les touristes ne font que passer, inconscients de ce qui vient de se dérouler sous leurs yeux.

Thunder Hole, Acadia National Park.

A force de marcher, le Thunder Hole fait entendre son grognement. Mer agitée et aussitôt les Américains déploietnt l'appareil sécuritaire. Alors que le site est très bien aménagé, l'endroit qui longe le tunnel dans lequel s'engouffre la mer est fermé et une femme policière veille à ce que personne ne pénètre dans l'espace interdit et interpelle les ambitieux qui cherchent à s'aventurer un peu trop près de  la mer. A la question : y a-t-il des dauphins par ici ? Elle répond que non, ils ne viennent pas jusqu'ici parce que c'est un golfe ! On voit qu'elle n'a pas mis les pieds au Chili où des dauphins déambulaient joyeusement dans une baie bien plus calme que celle-ci.

Encore quelques mètres et le parking où nous avons rendez-vous est en vue. Canon attend patiemment dans la voiture, liseuse en main et concentration à son maximum. Le dauphin a été une belle consolation de ne pas avoir arpenté le sentier. Nous reprenons la route, cette fois en sortant du parc mais en restant sur Moutain Desert Island. Direction le village de Northeast Harbor.

Il faut imaginer le vide de la région. Forêt de tous côtés, un lac de temps en temps et en dehors de Bar Harbor, petite ville de tourisme construite autour de restaurants, de magasins d'artisanat, de vêtements et d'hôtels, seuls trois ou quatre villages parsèment la presqu'île. Northeast Harbor est au bout du bout de la presqu'île. Osons : le trou du cul du monde, mais il est vrai que nous en avons fréquenté de semblables. Cet endroit est un écrin de beauté et de luxe réunis. Le Cap Nègre du Maine. Maisons vastes et somptueuses où tout est impeccable : pas une écaille sur la peinture des bardeaux, le bon dosage de fleurs suspendues, des intérieurs qu'on devine chaleureux, des pelouses impeccables, le bateau garé près du garage. Tout y est. Alors forcément, il faut le magasin idoine. Et il existe.

Donc, dans ce trou perdu, le Kimball shop force notre étonnement. Faïence de Quimper, verres de Biot, plats tunisiens, gadgets de cuisines jamais trouvés à Paris, linge de bain moelleux. Une caverne d'Ali Baba pour intérieurs soignés. Nous repartons stupéfaits. Bien sûr, comme à Seal Harbor, village précédent, il y a une marina avec des bateaux de toutes tailles. A Northeast Harbor, un panneau Business center achève le standing de l'endroit. Dans la vitrine de l'agence immobilière locale, des annonces pour toutes les bourses : de 170000 $ à 1750000 avec "breathtaking views" sur l'Océan. Et bien sûr tout le charme de l'ancien (1920...) s'ajoutant au plus moderne des conforts. Dans le supplément immobilier du journal local, l'addition se monte à 7377000 $, mais 22 pièces + une maison d'amis avec huit chambres. Ce sont des millardaires new-yorkais qui ont découvert l'endroit à l'époque de la Première guerre mondiale. Ils ont laissé des traces!

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Nous poursuivons notre découverte par la route 3 jusqu'à revenir à Bar Harbor où l'électricité n'est toujours pas rétablie partout. Certains restaurants sont restés fermés faute de pouvoir assurer le service, d'autres organisent des dîners aux chandelles et bien des magasins ont collé un panneau sur leur vitrine spécifiant qu'ils étaient ouverts. Nous avons du temps, entrons dans quelques magasins dont un spécialisé dans le bois. Du jeu d'échecs à la perle en bois en passant par le plateau à fromages, les puzzles et les animaux, c'est une autre caverne d'Ali Baba réjouissante pour les yeux. L'heure du dîner approche... encore que depuis 18 heures le dîner est servi.

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Nous optons pour le Cherrystones. Une table à côté de la nôtre produit des décibels en grande quantité. Bizarrement, on ne nous demande pas ce que nous souhaitons boire quand nous venons d'être installés. Nous commandons toutefois assez rapidement. Mais l'attente commence et n'en finit pas. Privés d'Internet depuis le matin, nous ne voyons pas trop le temps passer à force de consulter les nouvelles du jour. Mais tout de même, une sorte d'impatience monte. Nous ne sommes pas à a fin de nos surprises. Entre la coupe et le bol de soupe, nous avions choisi le bol. Or une petite coupelle est posée sur notre table. Il y a forcément erreur. Impossible de croiser le regard d'un serveur et encore moins celui de la serveuse qui s'est occupé de nous. Quand, enfin, l'un d'eux daigne s'avancer vers notre table, il nous rassure : c'est bien un bol. La panne d'électricité a dû griller aussi quelques neurones. Pourboire au minimum ce soir. Non, mais...   Retour tardif à l'hôtel où toutes les chambres inoccupées sont éclairées. Ouf, le quart d'heure de lecture pré-sommeil sera préservé.

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4 juillet 2014

Le 4 juillet en vidéos

Le 4th of July, fête de l'Indépendance aux Etats-Unis, n'est pas exactement notre 14 juillet, en dehors du feu d'artifice. Et le défilé, enfin, la parade, c'est plus parlant en vidéos !

 

4th of july in Bar Harbor

4th of July in Bar Harbor Peluches

4th of July Bar Harbor Pompiers Police

4th of July Bar Harbor Pompiers Ambulances

4th of July Bar Harbor Seafood festival

4th of July Bar Harbor

4th of July Bar Harbor 2014 Scout

4th of July Karts

4th of July Karts2

4th of July Bar Harbor Karts3

 

 

4 juillet 2014

Acadia national park deuxième

Après l’expérience du petit-déjeuner hier matin au restaurant de l’hôtel, nous préférons aller à Bar Harbor nous restaurer. Nous trouvons un magasin de produits naturels qui propose aussi café et accompagnements classiques pour ce premier repas du matin. Produits délicieux, look qui mixe EELV et new-age. Nous en profitons pour faire nos courses pour notre pique-nique du midi. Mais nous sommes le 4 juillet

Américains attendant la parade du 4 juillet à Bar Harbor.

En arrivant en ville, le rues débordaient de monde, des chaises étaient installées tout le long des rues, des gens attendaient sur des couvertures. Le temps de prendre notre petit-déjeuner et nous nous retrouvons coincés. Le défilé du 4 juillet a commencé. Fanfares, associations, banques, police, pompiers, restaurants, l’éclectisme du défilé fait pâlir notre 14 juillet. C’est bien plus chaleureux et marrant.

Jeune Américaine aux couleurs du drapeau national.

Distribution de bonbons pour les enfants. Les plus remarquables sont des associations de karting. La plupart des karts sont « habillés ». Devenus camions semi-remorques, voitures de courses et voitures anciennes, ils rasent le sol, font des tours devant les spectateurs et pour les plus impressionnants montent sur une rampe installée sur un pick-up pour redescendre par l’avant au-dessus du pare-brise !

Semi-remorques miniatures.

Les volontaires qui nettoient les sentiers du parc défilent aussi. Un joyeux mélange qui ravit petits et grands. Finalement, nous apprécions d’avoir été bloqués ! Nous sommes dans un étonnement un peu rêveur devant cette manifestation communautaire. Participants et spectateurs ont des mines également réjouies, ça respire la bonne humeur et même ceux qui défilent pour supporter une candidature à une des prochaines élections locales sont applaudis avec la même bonhommie. C'est quoi le 14 juillet dans une ville française de 3000 habitants ??? Notre scepticisme de Français contents de l'être mais n'ayant pas plus envie que ça de l'affirmer à tout moment en prend un coup.

Retour dans le temps.

Direction donc le parc en prenant l’autre côté de la route. Notre premier arrêt est pour le Precipice trail ! Non pas pour les émotions que peut donner ce style de sentier difficile mais parce qu’il y a là des rangers avec des longues-vues pointées vers la falaise. D’ailleurs le sentier est fermé au public car des faucons pèlerins nichent avec leurs petits. Comme toujours, les rangers sont aimables, pédagogues et prêts à répondre à toutes les questions. Un premier coup d’œil dans la longue vue ne donne rien, les faucons sont partis prendre l’air. Mais notre attente est récompensée. Le magnifique rapace est posé sur sa branche, déploie ses ailes et s’envole sous nos yeux !

Sand Beach.

Notre prochaine étape est pour la seule plage du parc. Ils ne sont pas allés loin pour lui donner un nom : Sand beach (plage de sable). Enserrée dans une très large crique, elle est battue par les vents et les prospectus préviennent que l’eau ne dépasse pas 55°… Fahrenheit bien sûr. Sans convertisseur à disposition, nous trempons un doigt et l’estimons à 16° Celsius. Les baigneurs sont peu nombreux, surtout des enfants qui se jettent dans les vagues avec leurs planches de surf.

Des Russes prêts à se baigner à Sand Beach.

Un couple de Russes se prépare à entrer dans l’eau. La femme est sur le point de renoncer, mais finalement encouragée par son mari avance dans l’eau et s’assoit pour être immergée. Son mari fait de même. Aussitôt mouillés, ils courent pour ressortir. Elle doit être vraiment froide. Tous les deux font des exercices pour se réchauffer et l’homme y retourne, se trempe et sort aussi vite qu’il est entré ! Nous ne sommes pas aussi courageux qu’eux.

Thunder Hole, Acadia National Park.

Un peu plus loin, le Thunder hole nous attend. L’endroit est parfaitement aménagé, des escaliers descendent vers la mer. Une crevasse est l’objet de toutes les attentions. L’eau s’y engouffre, creusant un peu plus le trou à chaque fois et provoquant un bruit sourd et des éclaboussements salés. La mer est calme mais quand elle est un peu nerveuse, le spectacle doit valoir le coup.

Lors de notre halte déjeuner, nous admirons une fois de plus l’organisation des Américains pour pique-niquer. Non seulement nous n’avons pas notre mini-glacière achetée quelques années plus tôt aux Etats-Unis qui nous rendait parfois ridicules devant des familles se déplaçant avec une glacière sur roulette, mais nous voyons un couple avec son barbecue portable ! Leurs coffres sont remplis comme s’ils déménageaient. Non, ils sont seulement en vacances ou en week-end.

 En route vers l'Amphithéâtre.

Nous reprenons la route qui fait le tour du parc. Ayant raté un arrêt d’où partaient des sentiers, nous revenons à notre point d’hier : Jordan Pond. Cette fois nous optons pour le chemin de l’amphithéâtre. Le sentier pédestre se confond avec celui emprunté par les chevaux et les cyclistes. Deux chevaux et à peine une dizaine de vélos en deux heures de marche. Le sentier pénètre dans la forêt, arbres à gauche, arbres à droite et pour seul bruit celui de nos pas. Des oiseaux chantent, soudain un craquement. Un écureuil, premier vrai animal sauvage que nous rencontrons. Trop loin et trop rapide pour être photographié. Plus loin, deux piverts très farouches et un écureuil qui travers le sentier. L’espoir est grand de croiser un élan et pourquoi pas un ours ! Car c’est bien ce que promet la brochure : ce parc abrite une incroyable vie animale ! Hum, hum… La balade se termine sur ces deux spécimens. Mais cette solitude et ce silence ont été hautement appréciables.

Pour notre repas du soir, nous partons plus tôt que d’habitude, pensant qu’en ce jour férié il y aura foule. Effectivement, nous ne trouvons à nous garer que sur le parking de l’église… normalement réservé aux pratiquants ! Ce soir, ce sera burger. Et pour bien faire écho aux encombrements du matin, nous nous retrouvons coincés dans les embouteillages du soir pour cause de feu d’artifice ! Les rues sont envahies par les piétons qui bravent la pluie. Dès 20h30, alors que la nuit n’est pas tombée, les premiers feux sont tirés du port. A l’abri dans notre voiture, nous nous garons à un endroit tout à fait interdit mais sommes aux premières loges. Plusieurs fois, nous croyons assister au final, mais les feux continuent de pétarader. Les plus beaux jets sont sans doute ceux qui éclatent comme des bulles d’eau. Les « ohhhh » et les « ahhhh » jaillissent en cœur et applaudissements et cris de joie résonnent à la fin. Sortir de cette marée humaine n’est pas une mince affaire, mais la patience aidant, nous retrouvons la route de notre hôtel, heureux d’avoir assisté à ce spectacle plutôt époustouflant pour une ville aussi perdue.

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